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Mai 68 : le cinéma prend fait et cause

Mai 68 : le cinéma prend fait et cause
Dans le sillage de 1968, le cinéma documentaire a mué. D’observateur, il est devenu acteur, partie prenante des luttes d’émancipation qui bouillonnaient sur tous les continents. L’apparition de la vidéo au tournant des années 1970 n’a fait que radicaliser son activisme. En France, des cinéastes reconnus ont accompagné le mouvement en créant des structures d’autoproduction indépendantes. A l’instar de Chris Marker, ils les ont ouvertes à tous, y compris aux ouvriers en lutte. La jeune génération qui se précipita alors dans le grand bain du cinéma révolutionnaire a donné naissance à une école française du documentaire encore bien vivante aujourd’hui.

Commémorer ? Célébrer ? Mai 68 cause un embarras certain. Célébrer quoi ? L’insurrection politique d’une jeunesse étudiante qui allait assez vite rentrer dans le rang ? Les nouvelles valeurs sociétales (comme on ne disait pas encore alors) qui s’épanouirent dans son sillage et dont les plus visibles sont les progrès (toujours à confirmer) de la condition des femmes et des minorités. Célébrer un printemps de l’imaginaire, de la poésie, du désir, de l’utopie féconde ?

 

Commémorer soulève moins de polémique mais les tenants du conservatisme s’étranglent, eux qui déplorent sans relâche les dommages irréversibles qu’aurait causé Mai 68 à l’école, à l’autorité, à l’ordre naturel des sexes, de la famille et du travail. Mai 68 a ceci de commun avec la Révolution d’Octobre qu’on ne peut passer sous silence l’événement mais qu’il est encore clivant (terme lui aussi anachronique).

 

Les images souvent cadrées au petit bonheur des barricades flamboyantes du Quartier latin et des ouvriers juchés sur les murs d’enceinte de leurs usines occupées ont quelque chose d’émouvant, pas seulement par le souffle de libération qui les anime. Elles rappellent un passé pas si lointain où le cinéma militant était tourné sur pellicule 16mm en noir et blanc. Les caméras Coutant, assez silencieuses pour qu’on puisse les synchroniser avec le son enregistré sur un magnétophone portatif Nagra, ouvraient de nouveaux horizons. Ce matériel dit léger (la Coutant pesait 6 kg et le Nagra 10 kg) qui a permis l’éclosion du cinéma direct n’était pas d’un maniement si aisé qu’on veut bien le dire. Pierre Lhomme qui était à la caméra dans Le Joli Mai se souvient cinquante ans plus tard de ses épaules meurtries 1.

 

la guerre au Vietnam

 

Jusqu’à ce que les cinéastes créent leurs propres structures de production ─ Iskra, ex-Slon en 1967 autour de Chris Marker, Atelier de recherches cinématographiques (ARC) puis Cinéluttes dans l’orbite de l’IDHEC, Unicité/Dynadia dans l’orbite du parti communiste ou Le Grain de sable —, ils étaient contraints de passer par le circuit commercial. C’est ainsi que la distribution de Loin du Vietnam 2 échappa à ses auteurs qui voulaient le projeter dans les comités d’entreprise et les ciné-clubs. Ce collectif de réalisateurs et de techniciens bénévoles 3 dont la cheville ouvrière était Chris Marker comprenait entre autres Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Alain Resnais, Ruy Guerra, Joris Ivens, Jean Rouch, René Vautier. Pendant Mai 68 et après, il devint courant d’emprunter le matériel de l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques 4) ou de se fournir gratuitement auprès de producteurs bienveillants. Les films militants se distinguaient des films du cinéma direct en ce sens qu’ils étaient plus politisés et sans aucun financement propre. Ce qui favorisa l’émergence de formes ultrabrèves, pleines d’humour et d’inventivité, comme les ciné-tracts.

 

Durant cette décennie, le cinéma militant se développe un peu partout dans le monde afin de populariser des luttes que les médias officiels passent sous silence, d’articuler production et diffusion en accompagnant les projections de débats. Y a-t-il dans ce grand mouvement des spécificités françaises ? D’abord l’existence de l’ORTF, monopole d’Etat de la radio et de la télévision, dont les journaux d’information sont bâillonnés par un ministère de l’Information. Une autre singularité française est le poids du parti communiste (21 % des voix aux présidentielles de 1969) et l’extrême politisation d’un mouvement traversé par de multiples divisions (trotskistes, maoïstes, anarchistes) qui a pour point commun de se situer à la gauche du PCF. D’où le nom de gauchiste qui n’a pas d’équivalent en anglais 5. Un exemple : alors qu’aux Etats-Unis, la guerre du Vietnam fait naître un mouvement pacifiste qui s’oppose à la conscription, en France se développe dès 1966 le puissant Comité Vietnam National qui, sur des bases anti-impérialistes, soutient la guerre révolutionnaire.

 

A la différence des Etats-Unis ou de l’Allemagne, le Mai 68 français est aussi (peut-être avant tout selon le point de vue où l’on se place) une gigantesque mobilisation sociale, largement spontanée, qui se traduit par des centaines d’usines occupées, 10 millions de grévistes au plus fort du mouvement et des formes de luttes nouvelles comme la séquestration des dirigeants dans leurs bureaux. Il y aura de vraies rencontres entre ouvriers et étudiants causant de part et d’autre de véritables chocs mais jamais de véritables convergences de leurs luttes. Une autre spécificité française est le souvenir de la Commune de Paris (1871), de la barricade où mourut Gavroche, de ce passé révolutionnaire de 1789 plus ou moins mythifié fondateur de la République.

 

les grèves dans les usines

 

En 1967, Chris Marker vient à Besançon filmer la grève de la filature Rhodiacéta. Il en rapporte A bientôt j’espère (coréalisé avec Mario Marret). On y voit émerger des revendications ouvrières qui ne se limitent pas aux rémunérations et aux horaires. Conscients que leur vie leur est volée par des horaires décalés, par la répétition de gestes abrutissants, de jeunes syndicalistes CFDT osent parler de leur vie de couple broyée, de leur aspiration à vivre et travailler autrement. Projeté devant les ouvriers, conformément à ce qui va devenir la pratique constante du cinéma militant, le film est très fraîchement accueilli. “Trop romantique.” De là vont naître dans l’après 68 les groupes Medvedkine 6 (à Besançon et Sochaux), afin que les ouvriers produisent leurs propres films. Grâce à eux, on verra pour la première fois des images tournées clandestinement à l’intérieur d’une usine en activité, des ouvriers interviewant d’autres ouvriers.

 

Conscients qu’au Quartier latin on se paie beaucoup du mot révolution, conscients que les choses sérieuses se passent dans les usines avec une jeune génération ouvrière qui se politise à toute allure en marge des syndicats, beaucoup de cinéastes partent filmer les usines en lutte et les travailleurs immigrés. Jean-Pierre Thorn, auteur de Oser lutter, oser vaincre, Flins 68 (1968) et de Dos au mur (1980), sera entre ses deux films ouvrier syndicaliste à l’usine Alsthom de Saint-Ouen. Il ne fut pas un cas isolé 7.

 

En 1976 à Montbéliard, Armand Gatti lancera un projet en placardant une affiche Un film, le vôtre, destinée aux ouvriers de l’usine Peugeot. Le résultat sera une série de 8 films réalisés par les travailleurs migrants : Le Lion, sa cage et ses ailes.

Des centaines de bobines furent tournées en mai-juin 68. Aussitôt mises en boîte, elles étaient acheminées clandestinement en Belgique ou en Italie pour y être développées et tirées. Beaucoup disparurent dans des conditions rocambolesques. La Reprise du travail aux usines Wonder a fait date : un plan séquence de 9 minutes tourné à Saint-Ouen en juin 1968 par deux étudiants, Pierre Bonneau et Jacques Willemont. "Non, je rentrerai pas là-dedans. Je mettrai plus les pieds dans cette taule. Vous rentrez-y, vous ! Allez voir quel bordel que c'est ! On est dégueulasse, jusque-là, on est toutes noires. Les femmes qui sont dans les bureaux, elles s'en foutent. Elles fayotent avec le patron." On n’avait jamais vu au cinéma une ouvrière crier une révolte si juste avec des mots si justes. Cette bobine à l’état brut inspirera à Hervé Le Roux Reprise (1996), un chef d’œuvre du cinéma documentaire.

 

et la vidéo arriva

 

La vidéo émerge dans les milieux artistiques américains en 1968. Elle est ardemment soutenue par Jean-Luc Godard mais elle n’entre dans la pratique militante qu’au début des années 1970. Les collectifs féministes, le MLAC (Mouvement pour la libération de l’avortement et la contraception) puis le MLF (Mouvement de libération des femmes) se l’approprient de manière inventive grâce à des pionnières comme Carole Roussopoulos. La vidéo change radicalement la donne : on peut désormais filmer et retransmettre en direct. L’image sera désormais partie intégrante des actions au point qu’on peut les concevoir dans la perspective de leur transmission vidéo en direct ou en différé. C’est l’activisme politique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Cette osmose, cette irruption de l’image au cœur de la pratique subversive ─ on accroche une banderole ici ou là dans le seul but de la filmer ─ était inconcevable à l’heure du film sur pellicule. Le cinéma documentaire, en cela qu’il documente l’événement sans en être partie prenante (même s’il l’influence peu ou prou) est l’héritier du cinéma militant bien plus que de la vidéo. On ne compte pas les cinéastes de Mai 68 devenus des documentaristes engagés (Denis Gheerbrant, Jean-Pierre Thorn, Nicolas Philibert, Jean-Michel Carré, André S. Labarthe, Jean-Louis Comolli, Richard Copans, Guy Devart…).

 

film-monument

 

Lorsque Chris Marker réalise Le Fond de l’air est rouge (1977), première grande rétrospective critique de la décennie révolutionnaire qui s’achève, il dispose pour l’essentiel d’archives militantes 8. Pour l’essentiel, car il existe aussi les actualités cinématographiques cubaines 9 et quelques reportages télévisés américains qui ont fait le tour du monde. A partir de ce fourmillement d’images, le film travaille à la construction d’une mémoire. Il raconte l’histoire d’une immense lutte de libération bouillonnante, incandescente, obstinée, rageuse.  Dans son infinie diversité, elle converge sur des espoirs communs : briser les chaînes, en finir avec la domination de classe, de race, de sexe.  Le regard porte sur une époque longue – englobant d’un bout à l’autre la guerre du Vietnam – et une géographie mondiale : Mexico, Santiago, Washington, Berlin, Prague, Paris, Tokyo, Saïgon comme autant de symboles. L’art du montage consiste à confronter, rassembler, opposer, interroger les images. Que prétendent-elles dire ? Que disent-elles et à qui ? Le commentaire distancié de Marker dénonce comme toujours les fausses évidences des images.

 

Ce cinéaste ô combien militant vient d’une génération politique antérieure, formée dans les combats de la Résistance. S’il regarde avec sympathie et même enthousiasme Mai 68, il ne montre aucune complaisance envers son infantilisme. Fallait-il en juillet 1968, au festival d’Avignon, s’en prendre à Jean Vilar, le symbole du théâtre élitaire pour tous (selon la belle formule d’Antoine Vitez), le déboulonner comme suppôt de la bourgeoisie ? Quel aveuglement, quel sectarisme annonciateur des défaites à venir !  Marker est habité par le tragique de l’histoire. Que ceux qui seraient tentés de l’oublier se rappellent la mort du président Salvador Allende 10 et avec elle celle d’un socialisme démocratique en Amérique latine, qu’ils se rappellent l’entrée des troupes soviétiques à Prague et avec elle la mort d’un espoir de démocratisation en Europe de l’Est.

 

vingt ans après, la série Génération

 

Loin de Marker qui travaille à écrire l’histoire et peut-être à en tirer leçon, la série télévisée Génération (1988), d’après le livre de Patrick Rotman et Hervé Hamon, ouvre l’ère des célébrations. Comme chez Alexandre Dumas, on est vingt ans après. François Mitterrand entame son second mandat. Avec 15 épisodes de 30 minutes, la série se donne les moyens de couvrir un champ historique et géographique très large où l’on retrouve Cuba, le Vietnam, Martin Luther King, Sartre, Foucault, le MLF... Son épicentre est le quartier latin entre la Sorbonne et la rue d’Ulm (l’Ecole normale supérieure), en dépit du fait que Daniel Cohn-Bendit, celui qui personnifie encore aujourd’hui Mai 68, soit à l’époque un étudiant de Nanterre où il fonda l’éphémère mouvement du 22 mars. Chaque épisode décline une thématique à partir d’archives  et de grands témoins, anciens dirigeants du mouvement étudiants, ex-trotskistes ou maoïstes à l’exception de Cohn-Bendit qui ne se réclama jamais du marxisme et pratiquait sans se prendre trop au sérieux l’art de la provocation anarchiste.

 

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. A l’exception d’Alain Krivine resté droit dans ses bottes trotskistes (mais moins sectaire que naguère), plus aucun leader de 68 ne songe à déborder sur sa gauche un parti communiste déjà laminé par le parti au pouvoir. Les mousquetaires éprouvent comme tout un chacun une nostalgie de leur jeunesse turbulente.

 

Leurs erreurs de jeunesse les font plutôt sourire. Sauf Bernard Kouchner, ex-communiste dissident devenu fondateur de Médecins sans frontières, plein de remords d’avoir soutenu Castro et Ho Chi Minh. Sauf Olivier Rolin, ex-maoïste de la rue d’Ulm, qui ne se pardonne pas la guerre de classe dont il était le chef d’orchestre clandestin. Elle causa au moins un mort, le militant ouvrier Pierre Overney, mais par chance la stratégie pyromane échoua. L’extrême-gauche française échappa de peu à la l’impasse terroriste dans laquelle sombra le mouvement en Italie, en Allemagne et au Japon 11.

 

Régis Debray, auteur du best-seller gauchiste Révolution dans la révolution ? Lutte armée et lutte politique en Amérique latine (Ed. François Maspero, 1967 12), compagnon de Che Guevara dans sa désastreuse guérilla de Bolivie est, vingt ans plus tard, un homme de confiance du président Mitterrand qui le charge de diverses missions internationales. Henri Weber, naguère inséparable de Krivine, fait désormais équipe avec Laurent Fabius. L’urbaniste Roland Castro, ancien chef du groupe plutôt folklorique Vive la révolution, est missionné pour réaménager l’Ile de France (Banlieues bleues). Toujours rigolard, il raconte son désarroi à la naissance du MLF : “Il n’y a pas de chef sans harem. D’un coup, elles sont toutes parties.” Pas très politiquement correct, Roland Castro n’a jamais manqué d’humour.

 

Sans surprise, on compte fort peu de femmes parmi les grands témoins convoqués dans la série. Les ténors du Quartier latin étaient de jeunes gens privilégiés à maints égards 13, eux qui n’avaient connu ni l’Occupation ─ voire l’extermination comme nombre de leurs parents juifs ─, ni la guerre d’Algérie (ils étaient encore adolescents). Pleins d’énergie virile et d’envie d’en découdre avec les nazis (les proto-fascistes d’Occident ou les CRS taxés de SS), ils se rêvaient en résistants, en bolcheviks montant à l’assaut du Palais d’Hiver de Petrograd. Les femmes, les homosexuels, les prisonniers, les malades mentaux, les prostituées, les partisans de l’écologie politique ou d’une pédagogie libérée… allaient faire entendre leur voix plus tard, au long des années 1970 14. En définitive, ces divers mouvements de révolte et d’émancipation, nés pour la plupart hors de France, devaient laisser une trace plus durable. Certains sont présents dans la saga Génération (le MLF, la faculté de Vincennes), beaucoup n’ont pas réussi à s’y faire une place.

 

En exergue de chaque épisode, le réalisateur Daniel Edinger a inscrit, dans le décor de la cour de la Sorbonne dominée par la statue de Victor Hugo (le père de Gavroche), une phrase que Pierre Goldman, un enfant perdu du gauchisme, écrit de sa prison à son ami Régis Debray (qui lui aussi connut la prison mais en Bolivie) : “Tu verras, Régis, un jour, nous serons heureux d’avoir eu vingt ans dans les années soixante.” Pierre Goldman n’eut pas cette chance. Il fut assassiné en 1979 et son enterrement fut suivi par des milliers d’ex-, déjà en deuil de leur jeunesse. Mais la citation donne le ton de la série : les anciens de Mai 68, naguère déchirés par des querelles marxisto-byzantines, s’accordent sur un point : rien ne pourra égaler cette fièvre qui embrasa leur jeunesse utopique. Le cruel désenchantement qui suivit et mena certains au suicide 15 n’effacera jamais ce moment de grâce.

 

cinquante ans après

 

Les héros de 68 ont atteint l’âge de la retraite et des bilans : Grands soirs et petits matins pour reprendre le titre de William Klein 16. En 2018, Régis Debray cloue le cercueil : “Mai 68 a été un mouvement d’américanisation accélérée […] une grande poussée californienne qui s’est faite, comme d’habitude, sous le drapeau rouge : pour tourner à droite, il faut mettre le clignotant à gauche.” 17

Mais pour une nouvelle génération anticapitaliste et libertaire, Mai 68 est un flambeau qui ne demande qu’à être relevé. Occupation des places, défense des migrants, écologie solidaire, défense des lanceurs d’alerte, nombre de causes inspirent à la jeunesse un militantisme de rupture. Le cinéma documentaire les accompagne voire s’y implique aussi activement que naguère, mais avec des moyens techniques — smartphone et internet — qui auraient fait pâlir d’envie leurs aînés. Loin des commémorations et des célébrations, une autre histoire de Mai 68 est en train de s’écrire en actes, en livres et en films.

 

Anne Brunswic, avril 2018.

 

 

1 Le Joli Mai, de Chris Marker et Pierre Lhomme (1962). Pierre Lhomme témoigne de son expérience du Joli Mai dans Chris Marker, never explain, never complain, de Jean-Marie Barbe et Arnaud Lambert (2015).

2 Loin du Vietnam fut le seul film militant diffusé à la télévision française. Une vieille amitié née de la Résistance liait Chris Marker à Emmanuel d’Astier de la Vigerie, responsable de la programmation.

3 Entre autres le légendaire Mario Marret, ouvrier anarchiste devenu opérateur radio dans la Résistance, cinéaste au côté de Paul-Emile Victor puis de Chris Marker, animateur des groupes Medvedkine puis psychanalyste.

4 Ancêtre de La Fémis.

5 Leftist a un sens très atténué : de gauche ou progressiste.

6 Trace de Luttes – Une Histoire du groupe Medvedkine de Besançon, de Jérémy Forni (2006) fait revivre avec des témoins cette expérience unique.

7 Par exemple, Le jour où mon père s’est tu, de Virginie Linart (Ed. du Seuil, 2008), fille de Robert Linhart, auteur de L’Etabli (Ed. de Minuit, 1978).

Grands Soirs et Petits Matins : Mai 68 comme si vous y étiez, de William Klein (1968-1978) est, du point de vue de la quantité et de la qualité des archives, le film de référence.

Mémoire cubaine, d’Alice de Andrade (2010).

10 Chili, la mémoire obstinée de Patricio Guzman (1997).

11 Voir les films, pour l’Allemagne : Ulrike Marie Meinhof, de Timon Koulmasis (1994) ; et pour le Japon : Japon, les années rouges, de Michaël Prazan (2001), L’Anabase de May et Fusako Shigenobu d’Eric Baudelaire (2011), Il se peut que la beauté ait renforcé notre résolution de Philippe Grandrieux (2011) et Les Maisons de feu d’Antoine Barraud (2010).

12 Voir par ailleurs le portrait de l’éditeur et écrivain François Maspero, les chemins de la liberté de Jean-François Raynaud et Yves Campagna (2014).

13 A l’époque, l’enseignement supérieur était encore réservé à une petite élite.

14 Voir les films de Carole RoussopoulosLa Révolution du désir d’Alessandro Avellis (2007), Grisélidis Réal – Carnets de bal de Natacha Giler (2013), Le Jeu de l’oie du professeur Poilibus de Franssou Prenant (2007), Je ne suis pas féministe mais… de Florence et Sylvie Tissot (2015), Avec François Châtelet, un voyage différentiel de Ivan Chaumeille (2010).

15 Voir par exemple Mourir à trente ans, de Romain Goupil (1982).

16 Titre encore repris par la jeune historienne engagée Ludivine Bantigny : 1968, de grands soirs en petits matins (Ed. du Seuil, collection L’Univers historique, 2018).

17 Interview pour le magazine en ligne Slate, mars 2018.

 

 

 

Le Joli Mai, de Chris Marker et Pierre Lhomme

 

Loin du Vietnam, réalisation collective

 

A bientôt j'espère, de Chris Marker.

 

Le Lion, sa cage et ses ailes, d'Armand Gatti

 

Y'a q'à pas baiser, de Carole Roussopoulos

 

Le fond de l'air est rouge, de Chris Marker

 

Génération, d'Hervé Hamon, Patrick Rotman et Daniel Edinger