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Adieu la rue des Radiateurs

2008, documentaire, 37 min, couleur

Réalisation : Vladimir Léon

Vidéos

En 2003, Mathieu Riboulet publiait dans Le Regard de la source (éd. M. Nadeau) une forme de monument funéraire dédié à une amie de Moscou, Nina Kotchekova.

Images

Résumé

En 2003, Mathieu Riboulet publiait dans Le Regard de la source (éd. M. Nadeau) une forme de monument funéraire dédié à une amie de Moscou, Nina Kotchekova. C’est cette élégie d’une haute densité littéraire qu’il lit chez lui à Paris, cinq ans plus tard, avec gravité et pudeur. Vladimir Léon, neveu de Nina, évoque la disparue en images, à travers les rues vides de Moscou aujourd’hui et des vidéos d’il y a vingt ans, joyeuses et spontanées.

Avec la perte de celle qui fut longtemps "ni amie intime, ni parente, mais assurément un peu de l’une, un peu de l’autre", Mathieu Riboulet prend la mesure des liens qui l’attachaient à cette femme "triste et drôle, russe", de la distance infranchissable entre ici et là-bas, de notre impuissance sans remède devant la mort des êtres aimés. Loin de cette gravité funèbre, les images de famille filmées par Vladimir Léon entre 1989 et 1993 montrent Nina dans son quotidien moscovite fait de fantaisie et de débrouillardise, de solitude et de convivialité. Tendu entre l’écrit et l’oral, entre hier et aujourd’hui, entre Paris (l’austérité élégante d’un appartement d’écrivain) et Moscou (le fouillis d’une cuisine surpeuplée), le dispositif du film ne comble ni les écarts ni le vide laissés par la mort prématurée de Nina. Il dessine, en plein, le portrait d’une vivante généreuse et, en creux, celui d’une époque et d’un lieu qui baignaient dans l’optimisme de la jeunesse et de la Pérestroïka.

(Eva Ségal)

Descriptif technique

Production
Les Films de la Liberté
Réalisation
Vladimir Léon
Sujet
Mathieu Riboulet
Année
2008
Durée
37'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

Dans la simplicité d’un décor lumineux où un preneur de son attentif capte sa voix, Mathieu Riboulet donne la lecture d’un extrait de son livre, Le Regard de la source. Cet extrait est tout entier consacré à Nina, dont le narrateur vient d'apprendre la mort alors qu'il effectue un séjour dans un monastère des Alpes-Maritimes. La voix de l'écrivain dit alors avec justesse et sobriété les réminiscences qui affluent à l'annonce de cette mort, et les réflexions qu'elle suscite. À ces séquences de lecture et de prise de son, se mêlent des films plus anciens, tournés à Moscou à l'époque de la pérestroïka. Vladimir Léon, alors âgé de vingt ans, filmait les instants privilégiés qui réunissaient parents et amis, parmi lesquels sa tante russe, Nina. En même temps qu’il nous révèle le portrait de Nina, ce rapprochement du texte et de l’image instaure un dialogue entre passé et présent, dont nous saisissons les subtiles et mélancoliques nuances, dites ou filmées, du temps qui passe, irrémédiablement.

(Sylvie Astric, BPI)