Catalogue

Génération (1/5)

1988, documentaire, 90 min, couleur

Réalisation : Gérard Follin, André Sénik

Vidéos

Tirée du livre Génération d'Hervé Hamon et Patrick Rotman, ce documentaire en 15 volets traite des événements qui contribuèrent à l'avènement de Mai 68 et qui, plus largement, marquèrent la société française des années 1960-70. Le point de vue qui prime, dans la narration et l'analyse de ce pan d'histoire, est celui des principaux leaders des organisations politiques étudiantes de l'époque. La dynamique du montage et l'équilibre entre interviews, extraits de films et images fortes d'actualités donnent son unité à une série qui fait intervenir différents réalisateurs sous la direction de Daniel Edinger.

1. L'Engagement

2. Les Héritiers de Staline

3. Le Quartier

Images

Résumé

1. L'Engagement.1960, la guerre d'Algérie, qui n'en finit plus de finir, sert de catalyseur à la formidable politisation d'une jeunesse qui, née pendant la Deuxième Guerre mondiale, "découvre la face noire de la République" : censure, torture, putsch militaire. Face au danger fasciste, l'engagement politique devient une exigence morale. Ils avaient 20 ans et devaient choisir : "Etre un héros ou un salaud." Les souvenirs de l'Holocauste, si proches, ravivés par la sanglante guerre d'Algérie - alors que les ténors du gouvernement continuent de proclamer "l'Algérie, c'est la France" - furent les éléments d'une forte maturation des mouvements politiques. Manifeste des 121, sensibilisation de l'opinion, multiplication des organisations de soutien au FLN, manifestation de Charonne en 1962 cristallisent les luttes contre l'arbitraire, contre "la question" et contre cette guerre qui fait basculer la jeunesse dans un militantisme radical. Edgar Morin, Alain Krivine ou Roland Castro évoquent cette période, illustrée par des extraits de films (Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier, J'ai 8 ans de Yann Le Masson, Chronique d'un été de Jean Rouch et Edgar Morin) et des images d'actualités télévisées.

2. Les Héritiers de Staline. Paris, années 1960 : histoires d'amour et de haine. Les responsables de l'Union des étudiants communistes (UEC), convaincus que "si l'on voulait avoir une pensée, une action, ça passait par le PCF", se rebellent néanmoins contre celui-ci, trop stalinien à leur goût. Partisans de la coexistence pacifique, du désarmement, pourfendeurs de la bureaucratie, Alain Krivine, André Sénik ou encore Bernard Kouchner racontent. Le journal de l'UEC, Clarté, dérange les "fonctionnaires" du PCF et amorce le divorce en empruntant la voie tracée par un PC italien dont l'ouverture d'esprit contraste avec la compacte dialectique thorézienne. Etre dirigeants de l'UEC et rédacteurs de Clarté signifie côtoyer les "plus grands de ce monde", pénétrer l'intelligentsia internationale de gauche - "une aubaine pour rester communiste sans devenir idiot" - et s'imposer comme leaders d'un parti rénové et moderne tout en conduisant de brillantes carrières. Bourgeois et Rouges : la contradiction tiendra-t-elle longtemps ? Pour l'heure, l'UEC est une école parallèle qui pallie les carences de l'université et permet d'évoluer entre deux mondes, faisant ainsi la preuve que la routine "sorbonnarde" n'est pas un destin.

3. Le Quartier. Haut lieu de luttes, avec ses trajets et ses rites entre la Seine et le Luxembourg, à l'ombre de la Sorbonne, le Quartier latin est le territoire de prédilection de ceux qui formaient la gente estudiantine des années 1960-70. Vie de quartier balisée par quelques librairies, passage obligé où "ils hument l'air du temps, face aux livres, aux idées". Ils déambulent de café en café, feuillettent les nouveautés chez Maspero ou se décident pour un ciné, tandis qu'à la Sorbonne, l'Unef mobilise de nouvelles recrues désireuses de perpétuer le mythe des aînés (qui ont milité contre la guerre d'Algérie) et pressées d'embrasser la cause du syndicat dans ses luttes et sa quête d'une nouvelle identité. Leur quartier, ils l'aiment. Le défendre, c'est combattre avec détermination les attaques frontales des "fachos" d'Assas, comme ce fut le cas lors des représentations des Paravents de Jean Genêt, mis en scène par Roger Blin à l'Odéon. On prend un certain plaisir à cette évocation nostalgique par les "anciens du quartier".

(Sadia Saïghi)

Descriptif technique

Production
Kuiv Productions, INA, La Cinq
Participation
Sofica Investimage, CNC
Sujet
Alain Krivine, Roland Castro, Edgar Morin, François Maspero, Bernard Kouchner
Réalisation
Gérard Follin, André Sénik
Conception
Hervé Hamon, Patrick Rotman, Daniel Edinger
Année
1988
Durée
90' (3x30')
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne