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Génération (4/5)

1988, documentaire, 90 min, couleur

Réalisation : Gilles Nadeau, Jean Lassave, Irène Richard

Vidéos

Tirée du livre Génération d'Hervé Hamon et Patrick Rotman, ce documentaire en 15 volets traite des événements qui contribuèrent à l'avènement de Mai 68 et qui, plus largement, marquèrent la société française des années 1960-70. Le point de vue qui prime, dans la narration et l'analyse de ce pan d'histoire, est celui des principaux leaders des organisations politiques étudiantes de l'époque. La dynamique du montage et l'équilibre entre interviews, extraits de films et images fortes d'actualités donnent son unité à une série qui fait intervenir différents réalisateurs sous la direction de Daniel Edinger.

10. La Révolution introuvable

11. Mai... après

12. Le Torchon brûle

Images

Résumé

10. La Révolution introuvable. Paris 1969. Echec de la gauche aux élections de juin 1968, dont le régime gaulliste sort néanmoins ébranlé. Après le désaveu infligé par le référendum de 1969, le Général abandonne le pouvoir. Les groupes politiques nés des événements de mai 68 se radicalisent. La Gauche prolétarienne crée son journal, La Cause du peuple. L'extrême droite (Ordre nouveau) se manifeste. Les partis de gauche ripostent. Duclos, Mitterrand, Rocard, Krivine... se retrouvent au Cirque d'Hiver. Le ton monte. La Gauche prolétarienne parvient à mobiliser de nombreux intellectuels. Sartre, Foucault, Godard, Sami Frey ou Simone Signoret vendent La Cause du peuple. Les organisations d'extrême gauche, interdites par le gouvernement après 68, entrent dans la clandestinité et appellent à des actions violentes et spectaculaires qui conduisent Le Dantec et Geismar en prison : séquestration de patrons (extrait de Oser, lutter, vaincre de Jean Pierre Thorn), pillage chez Fauchon pour une redistribution dans les bidonvilles (extraits de Tout va bien de Jean-Luc Godard). C'est l'escalade. Les divergences entre les protagonistes entraînent une rupture avec la violence au profit d'un travail d'organisation au sein du mouvement ouvrier.

11. Mai... après. Paris 1969-73. Jacques Chaban-Delmas est Premier ministre, Thierry le Luron l'imite. Sur l'école, la famille, les moeurs, la culture, l'entreprise, le vent de Mai souffle encore. Les luttes reflètent les mutations importantes qui s'opèrent dans la société. Féminisme, solidarité avec les immigrés, autogestion, homosexualité... révèlent l'ampleur du désir d'émancipation. La rentrée 1968-69 n'est pas comme les autres. L'Education nationale panique. Elle suspend André Sénik, professeur de philosophie, mais joue la carte de l'ouverture en allant au devant des revendications supposées des élèves. Erreur, les temps ont changé, les mentalités aussi : en face, pas de mouvement politisé mais un comportement libertaire basé sur "la dérision de tout ce qui est institutionnel". Au Café de la Gare, une nouvelle génération d'humoristes fait ses armes. Côté presse, un petit nouveau voit le jour, Actuel, rompant avec la tradition journalistique : il se distingue par les sujets qu'il traite et se fait l'écho des mouvements alternatifs. Le monde du travail n'est pas en reste : par leur lutte originale, ceux de Lip font la preuve que l'autogestion n'est pas seulement un slogan.

12. Le Torchon brûle. Paris, 1970. Des femmes décident de se réunir entre elles. La vague du féminisme traverse toutes les organisations politiques, provoquant des débats, parfois houleux, et marque profondément toute la société. De nombreux extraits de films traduisant une autre manière de filmer témoignent de cette période. Le MLF naît de la réunion de militantes de diverses organisations politiques étudiantes, ce qui fera l'originalité du mouvement français. Celui-ci prend peu à peu son essor, mobilise les femmes autour de mots d'ordre tels que "contraception libre et gratuite", "droit à l'avortement", "sexualité heureuse". Les actions se multiplient : intervention musclée aux Etats généraux de la femme organisés par Elle, annonce publique de leur avortement par 343 femmes, manifestation de soutien aux accusées du procès de Bobigny en 1972, promotion de la méthode Karman. En 1974, Simone Weil fait adopter la loi dépénalisant l'avortement. En regard de l'importance historique de ces événements, les propos tenus dans le film paraissent un peu anecdotiques.

(Sadia Saïghi)

Descriptif technique

Production
Kuiv Productions, INA, La Cinq
Participation
Sofica Investimage, CNC
Sujet
Jean-Luc Godard, Alain Krivine, Charles de Gaulle, André Sénik, Simone Weil
Conception
Daniel Edinger, Hervé Hamon, Patrick Rotman
Réalisation
Gilles Nadeau, Jean Lassave, Irène Richard
Année
1988
Durée
90' (3x30')
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne