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Papier ne peut pas envelopper la braise (Le)

2006, documentaire, 86 min, couleur

Réalisation : Rithy Panh

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Rithy Panh au chevet d’un groupe de prostituées de Phnom Penh, entre leurs nuits de travail.

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Résumé

Rithy Panh au chevet d’un groupe de prostituées de Phnom Penh, entre leurs nuits de travail. Allongées la plupart du temps sur leurs paillasses, elles fument, se maquillent, se disputent avec maquerelles et rabatteurs, mangent, chantent, pleurent. Et discutent entre elles : leur vie de violence et d’humiliation, de culpabilité, désertée absolument par le bonheur, s’y révèle dans sa nudité la plus crue.

Avec un cynisme attendu dans pareil contexte, un rabatteur décrit la structure économique du bordel pour lequel il travaille en prenant 13 petites figurines censées représenter ses 13 "collègues". Aliénation et réification sont sans surprise les ressorts de l’exploitation sexuelle, au Cambodge comme ailleurs. La force de ce portrait tient justement au dépassement de ce niveau symbolique et théorique. Les expériences que décrivent ces prostituées (logées d’ailleurs dans le même immeuble que la troupe de son précédent film, Les Artistes du Théâtre Brûlé, 2005) trouvent sûrement écho dans d’autres annales de la prostitution : on reste néanmoins saisi par la violence des détails, ces vies condamnées par les coups, le sida et le désespoir (vies minées par la tromperie et le remord, d’avoir été vendues puis d’avoir elles-mêmes vendu un proche). D’autant plus saisi que Rithy Panh filme leurs témoignages comme autant de conversations quotidiennes, sans sollicitation apparente de la caméra.

(Mathieu Capel)

Descriptif technique

Production
CDP, INA
Participation
CNC, France 3, France 5, Média Plus, RTBF, TSR, YLE TV1, TSI, Procirep, Angoa
Réalisation
Rithy Panh
Année
2006
Durée
86'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

Rithy Panh recueille les confidences d'un groupe de prostituées de Pnomh Penh, qui vivent ensemble dans une maison sous la domination d'une propriétaire qui les exploite. Elles viennent de la campagne, souvent aînées de familles pauvres à qui elles envoient de l'argent. Le film est magnifiquement cadré et éclairé. Rithy Panh a su donner un temps d'écoute à plusieurs de ces jeunes femmes qui sont conscientes de leur exploitation. Une des dernières scènes est le récit par la mère de l'une d'elles de ce qu'elle a vécu sous les Khmers rouges et qu'elle juge plus dur que ce que sa fille supporte. Selon Rithy Panh, la société khmère a été profondément déstabilisée, d'abord par le génocide puis par la longue période de vie dans les camps, la prostitution étant une des conséquences de cette déstabilisation.

(Catherine Blangonnet, BPI)