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Premiers Regards (1/2)

2004, documentaire, 104 min, couleur

Réalisation : Laurent Préyale

Vidéos

Vulgarisant sans simplifier et dépassant le cadre de la simple pédagogie, Laurent Préyale retrace le premier demi-siècle du cinéma en quatre parties chronologiques. S’intéressant autant aux sujets des films qu’à leur mode de fabrication et de production, il multiplie avec boulimie extraits de films et documents d’archives, souvent montés en split-screen, et reconstruit un montage son, mi-réaliste mi-stylisé, lorsque les images sont muettes. Bien que l’Histoire soit une science du réel, Premiers Regards intègre une fiction comme fil conducteur. Barbara, Américaine, et Théodore, Français, tous deux témoins de leur époque de chaque côté de l’Atlantique, échangent une correspondance après s’être rencontrés à Paris lors de l’Exposition universelle de 1889. Ce principe suggère que le cinéma est avant tout une histoire franco-américaine, une histoire d’influence et de concurrence qu’entretiennent les deux pays. Resituant l’histoire du cinéma dans l’Histoire – programmatiques en cela ces images où l’on voit des permissionnaires de la Guerre de 14-18 gagner une salle de cinéma après avoir passé un cortège d’ouvreuses-religieuses – Laurent Préyale montre comment le cinéma dépend de contraintes extérieures et comment il s’en défait. Si chaque épisode reprend à son début l’essentiel du précédent, c’est pour mieux se projeter en avant, dans un mouvement qui est le principe même de ce nouvel art, né en 1895.

1. L'Invention du cinéma, 1889-1913

2. Le Cinéma de la guerre et des années folles, 1914-1927

Images

Résumé

1. L'Invention du cinéma, 1889-1913. Si la naissance de la poésie ou de la peinture ne peut être envisagée qu’en termes mythiques, la naissance du cinéma peut être considérée en termes historiques. Le cinéma fournit même l’outil nécessaire à l’enregistrement de ses balbutiements : l’image-mouvement. Le premier volet est ainsi consacré à l’effervescence technique et intellectuelle qui secoue la fin du XIXe siècle. Au son, une percussion de machines qui se répète ; à l’image, des hommes qui travaillent au milieu de matières en fusion. Ce côté noir de la seconde révolution industrielle est balayé par une image qui nous emporte soudain dans l’ascenseur de la Tour Eiffel. Sont énumérées alors, à partir d’Edison, les différentes inventions qui vont mener à la création du cinématographe. Avant La Sortie des usines Lumière (1895), les praxinoscopes et kinétoscopes avaient déjà envahi le territoire américain. Un de ces moving pictures montre Carmencita jouant des chevilles dans la danse du papillon. Au grand désespoir des tartuffes, le cinéma s’impose comme une découverte des femmes : Protéa, héroïne espionne, est le symbole d’une émancipation, et Alice Guy réalise ses phonoscènes pour Gaumont. Des artistes aussi différents que Méliès et Griffith apparaissent, et les studios se montent les uns après les autres. Les cinéastes vont devoir composer avec de nouvelles données artistiques et économiques.

2. Le Cinéma de la guerre et des années folles, 1914-1927. La Guerre de 14-18 fut désastreuse pour le cinéma français qui voit alors son empire progressivement conquis par les Américains. En définitive, les États-Unis semblent, en art comme en politique, les seuls véritables gagnants du conflit, et la joie des Européens au sortir de la guerre peine à dissimuler l’affaiblissement du vieux continent. Ce deuxième volet s'intéresse à la découverte de l’image sous toutes ses formes. En pleine guerre, les Alliés font des actualités cinématographiques un outil de propagande : les Français découvrent leurs chers poilus riant et jouant dans les tranchées. Mais l’image peut être aussi porteuse d’entreprises plus louables : avec Intolérance par exemple, Griffith signe en 1916 une grande fresque pacifiste. Autour de 1920, en France, le cinéma est le lieu d’expérimentations : Entr’acte, de René Clair (1924), construit sur de dadaïstes coq-à-l’âne, reste le joyau de ce cinéma d’avant-garde. Soucieuses de maîtriser la vigueur de cet art nouveau, les autorités américaines instaurent le Code Hayes, ensemble de règles auxquelles doivent se soumettre les artistes, à la ville comme à l’écran. Disparaissent alors les scènes érotiques ou subversives. Erich Von Stroheim ne pourra plus observer, grâce à un petit miroir, une femme se déshabillant derrière lui (Folies de femmes, 1921) !

(Teddy Lussi)

Descriptif technique

Production
LBMG Productions, Gaumont
Participation
CNC, Ciné Cinéma
Réalisation
Laurent Préyale
Conception
Laurent Préyale, Marc Sandberg
Sujet
Alice Guy, Georges Méliès, D.W. Griffith, René Clair
Année
2004
Durée
104' (2x52')
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne