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Rien ne s'efface

2008, documentaire, 51 min, couleur

Réalisation : Laetitia Mikles

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Une caméra Super-8, un ex-voto et une photo prise huit ans plus tôt sont les viatiques du dialogue engagé par Laetitia Mikles avec la cinéaste japonaise Naomi Kawase.

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Résumé

Une caméra Super-8, un ex-voto et une photo prise huit ans plus tôt sont les viatiques du dialogue engagé par Laetitia Mikles avec la cinéaste japonaise Naomi Kawase, qu’elle rencontre chez elle, à Nara, dans cet environnement dont on comprend vite qu’il fournit à ses films leur matière/matrice principale. Pour preuve, de nombreux extraits, des premiers essais autobiographiques aux longs métrages de fictions Suzaku (1997) ou Shara (2003).

La famille et son absence hantent les œuvres de Naomi Kawase, depuis l’inaugural Ni tsutsumarete (1992) jusqu’à La Forêt de Mogari (2007). Cette thématique trouve bien entendu sa source dans l’autobiographie : un père inconnu et une mère absente, dont Kawase n’est parvenue à retracer l’existence que dans le geste cinématographique même. C’est pourquoi ses films échappent à une certaine forme de complaisance : le cinéma n'est pas un mode d’auto-apitoiement, mais l’outil privilégié de son appréhension du monde. De même dans Rien ne s’efface : le témoignage autobiographique cède le pas immédiatement à une théorie du cinéma comme mode d’inscription du souvenir, et surtout comme moyen d’assurer, face au temps, l’existence des choses et de soi. On y verrait peut-être une fétichisation un peu naïve des pouvoirs d’enregistrement de la caméra, si œuvre et discours ne reposaient au contraire sur la dialectique fondamentale du hasard et du fabriqué, de l’existant et de l’imaginé.

(Mathieu Capel)

Descriptif technique

Production
Zeugma Films
Participation
CNC, Ciné Cinéma, Ecole supérieure des arts de Rueil-Malmaison, Procirep-Angoa
Sujet
Naomi Kawase
Réalisation
Laetitia Mikles
Année
2008
Durée
51'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

La réalisatrice va à l’essentiel : pourquoi Naomi Kawase filme-t-elle ? Que filme-t-elle ? Comment filme-t-elle ? Le ton des entretiens est celui de la confidence car un lien d’amitié unit les deux cinéastes. Abandonnée par ses parents, Noami Kawase se dévoile par le récit d’une enfance meurtrie. La souffrance et le manque causés par cet abandon sont parties intégrantes de sa création ; l’absence et la disparition sont des thèmes que l’on peut lire en filigrane dans chacun de ses films. À travers la photographie et le cinéma, elle cherche à saisir le réel, le capturer, le figer et l’empêcher de disparaître ; enregistrer des images pour se convaincre de la permanence des choses. “Je veux pouvoir mettre en forme ces émotions, pour en conserver la trace et pouvoir, en les montrant, les partager”, dit-elle. Lenteur, silences, plans fixes, amour, beauté des images, ce film intime et sensible est un peu comme un miroir entre Naomi Kawase et Laetitia Mikles. Un documentaire passionnant pour découvrir cette cinéaste hors du commun.

(Geneviève Renou, Bibliothèque municipale de Pontault-Combault)