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Syndicats, histoire d'un contre-pouvoir

Nouveauté

2014, documentaire, 104 min, couleur

Réalisation : Elisabeth Drevillon

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Syndicats, histoire d’un contre-pouvoir brosse en deux parties le tableau du paysage syndical en France de 1884 à 2014. Ce paysage est lui-même inscrit dans les transformations de la société et du monde, ponctuées par les grands événements nationaux et internationaux. Sur fond d’images archives cinématographiques et télévisuelles, entrecoupées d’interventions d’historiens (Stéphane Sirot, Danièle Fraboulet), de dirigeants syndicaux et de membres de gouvernements, une voix off retrace ainsi la chronologie de la constitution du modèle social français, des mouvements ouvriers insurrectionnels du XIXe siècle à la gestion paritaire et à la négociation collective encadrées par l’État.

1. 1884-1981

2. 1981-2014

Images

Résumé

1. 1884-1981. Est d’abord évoquée la fondation de la CGT à Limoges en 1895 puis son adhésion contestée à l’Union sacrée pendant la Première Guerre mondiale. Après la victoire, ce syndicat porte la revendication de la journée de 8 heures sous la menace d’une grève générale, mais voit simultanément la fondation de la CFTC qui privilégie la négociation plutôt que la lutte frontale. Dans les années 1930, le monde syndical contribue à la mobilisation face à la menace fasciste qui se concrétise dans la constitution du Front populaire, pourtant rapidement suivie d’une réaction patronale dès la chute de la coalition. Le régime de Vichy dissout les syndicats et des militants de toutes obédiences entrent dans la Résistance. La reconstruction requise après-guerre conduit les directions syndicales à relayer un appel fervent à l’effort productif alors que l’application du programme du Conseil national de la Résistance amène la fondation de la Sécurité sociale. Cette période est aussi marquée par la fragmentation du paysage syndical avec la scission de la CGT qui mène à la création de FO, et la déconfessionnalisation de la CFTC qui aboutit à sa transformation en CFDT. Seuls les évènements de Mai 68 voient se reconstituer l’unité avec un appel commun à la grève générale. Dans les années 1970, alors que la crise s’installe durablement, on assiste à un affrontement idéologique entre ligne libérale coté gouvernemental et patronal, et des tentatives d’autogestion du coté des luttes ouvrières (LIP, par exemple). Les mots d’ordre syndicaux passent globalement de l’abolition de l’exploitation à la défense de l’emploi.

2. 1981-2014. Avec l’élection de François Mitterrand, l’espoir naît d’une relance du dialogue social mais il est vite douché par la mise en place d’une politique de rigueur. "La CGT subit, la CFDT soutient", et FO apparaît alors comme seule organisation contestataire en refusant la cogestion de la rigueur. En assumant la restructuration de l’appareil productif au cours des années 1980, les différents gouvernements de droite et de gauche vont chercher auprès des syndicats des interlocuteurs s’engageant dans la négociation plutôt que le conflit. Après la chute du Mur de Berlin, le monde semble s’unifier autour de l’approche libérale du système capitaliste (création de l’OMC en 1995). Cette année-là se déploie pourtant en France le mouvement social le plus massif depuis Mai 68 avec la contestation du plan Juppé. L’unité syndicale reconstituée à l’occasion ne peut cependant empêcher que des éléments majeurs de la réforme soient mis en place. Au tournant des années 2000, la multiplication des plans sociaux exacerbent la tension entre une main-d’œuvre de plus en plus superflue et des directions d’entreprises rendant avant tout des comptes auprès d’investisseurs mondialisés. Les formes d’action des salariés n'ont aucune perspective dans le dialogue social et elles se radicalisent. Paradoxalement, les accords collectifs se multiplient à tous les échelons, de l’entreprise à la branche d’activité. Les réformes structurelles sont, quant à elles, pilotées directement par l’État, à l’image de celle des retraites impulsée par Nicolas Sarkozy en 2010. Le 31 décembre 2013, François Hollande annonce un Pacte de responsabilité et solidarité...

(Eric Arrivé)

Descriptif technique

Production
C Ton Film, INA
Participation
CNC, ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (DICOM), Planète+, LCP Assemblée nationale, France Télévisions
Conception
Richard Michel, Elisabeth Drevillon
Réalisation
Elisabeth Drevillon
Année
2014
Durée
104' (2x52')
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne