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Résumé
La jeune Katya, 22 ans, a beau exceller dans son métier de soudeuse, sa vie de famille est un cauchemar. Sa mère, alcoolique invétérée, a gâché son enfance et gâche à présent celle d’Amina, sa demi-sœur d’à peine deux ans. Très jeune, Katya a été confiée aux services de protection de l’enfance. Pour son désespoir, la petite Amina qu’elle aime tant va subir le même destin et la séparation sera irrémédiable.
La famille de Katya vit dans une grande précarité matérielle et morale, sous le contrôle sourcilleux des services sociaux. Comme sa mère retombe sans cesse dans son addiction, la jeune soudeuse assume seule toutes les responsabilités, souvent au détriment de son travail. Ce drame de l’alcoolisme au féminin est filmé dans l’intimité du trio au plus près des visages, aux limites de la fiction. Il se déroule à Brest, une grande ville à l’ouest de la Biélorussie. Le pays semble figé dans son passé soviétique, impression accentuée par un décor hivernal en noir et blanc, souvent nocturne. Mêmes fermes d’Etat, même arriération technologique dans le travail, mêmes immeubles collectifs déglingués, même pauvreté générale. L’horizon au sens propre et figuré est bouché. Le système a cependant ses vertus : l’ouvrière méritante est honorée ; l’atelier de métallurgie - où Katya est la seule femme - est un espace convivial et solidaire. Mais l’alcoolisme endémique, contre quoi les services sociaux sont impuissants, ruine inexorablement les rêves de bonheur.
(Anne Brunswic)
Descriptif technique
- Production
- Little Big Story
- Participation
- IDFA Bertha Fund, PROCIREP, CNC, Angoa-Agicoa
- Réalisation
- Anastasiya Miroshnichenko
- Année
- 2025
- Durée
- 96'
- Double disque
- non
- Couleur / N&B
- couleur
- Genre
- Documentaire
- Diffusion
-
- Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques : oui
- Projection publique : oui
- Diffusion en ligne : oui
Avis
Sélectionné par 
Welded Together (Soudées) raconte l’histoire de Katya, une jeune soudeuse qui quitte son travail dans un kolkhoze rural en Biélorussie pour vivre dans la grande ville de Brest avec sa mère et sa demi-sœur, Amina. Elle n’a pas vécu avec elles auparavant, sa mère ayant perdu sa garde en raison de son alcoolisme lorsqu’elle était enfant. La mise en scène rend explicite les émotions tacites de la jeune fille, emprisonnée dans une situation impossible. Anastasiya Miroshnichenko filme Katya au travail avec ses collègues, tous masculins, ou à la maison dans des espaces étroits, à travers les reflets de vitres ou des cadres de porte. Son regard, d’un bleu transparent, laisse percevoir ses doutes à l’idée de laisser Amina seule avec sa mère, toujours sous l’emprise d’addictions, souvent absente ou déphasée, ou avec un entourage toxique. La jeune fille tente éperdument de faire tenir cette famille bancale, au point de s’aveugler sur ses propres capacités à « souder » le foyer et à en assurer la stabilité. En essayant de sauver sa jeune sœur et sa mère du naufrage, inévitable, Katya se heurte à la réalité de la dépendance, constamment rappelée à ses yeux par les services sociaux biélorusses. Comment briser le cercle vicieux de la solitude, de la souffrance et de l’abandon quand aucun soleil ne se profile à l’horizon ?
Marina Mis (Bibliothèque publique d'information)

