Tartalom megjelenítő

Anhell69

Nouveauté

2022, documentaire, 75 min, couleur

Réalisation : Théo Montoya

Vidéos

« Je suis tombé·e amoureux·se du cinéma parce que c’est le seul endroit où je peux pleurer. »

Anhell69 s’ouvre comme un mausolée : Theo Montoya raconte la disparition d’un acteur avec lequel il devait tourner une fiction. Ce deuil devient l’origine d’un récit hybride qui explore une génération colombienne marquée par la violence envers les personnes LGBT+ et les morts prématurées. 

Images

Résumé

« Je suis tombé·e amoureux·se du cinéma parce que c’est le seul endroit où je peux pleurer. »

Anhell69 s’ouvre comme un mausolée : Theo Montoya raconte la disparition d’un acteur avec lequel il devait tourner une fiction. Ce deuil devient l’origine d’un récit hybride qui explore une génération colombienne marquée par la violence envers les personnes LGBT+ et les morts prématurées. Medellín, ville natale du réalisateur, apparaît comme un territoire hanté par des fantômes. Entre documentaire, autofiction et projections non chimériques, le film tisse la chronique d’une jeunesse queer qui se raconte à la première personne du singulier et du pluriel, entre nuits festives, amitiés, drogues, injonctions au secret et peur constante d’être pris·e pour cible. *Les voix, aux accents d’outre-tombe, témoignent d’une communauté qui évolue dans l’ombre de sa propre disparition car captive d’un ordre nécropolitique où certaines vies sont systématiquement exposées à la violence.* Le film introduit par ailleurs une dimension rare dans le champ documentaire, un imaginaire presque dystopique, non pas tourné vers le futur, mais enraciné dans un présent déjà saturé de menaces. Cet univers trouble, nocturne, parfois cauchemardesque, donne forme à la terreur sociale qui accompagne le quotidien de la jeunesse colombienne. Mais dans cet enfer, Anhell69 invente aussi des lieux de solidarité où se dessinent d’autres possibles. Le film conçoit alors de véritables espaces utopiques, fragiles mais tenaces, qui esquissent des manières nouvelles de vivre, de survivre et de s’aimer depuis les marges.

(Anthony Raynal)

Descriptif technique

Production
Desvio Visual, Dublin Films, Monogeam Film, Amerikafilm
Participation
Région Nouvelle Aquitaine,Romanian National Film Center, Comisión Fílmica de Medellín, IDFA Bertha Fund
Réalisation
Théo Montoya
Année
2022
Durée
75'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

Pour documenter les ravages causés par le trafic de drogue dans la ville colombienne de Medellín, Theo Montoya fait un détour par la fiction. S’inspirant de sa propre histoire, il met en scène un scénario fantastique hanté par la mort, qui lui permet d’interroger ses ami·es queers sur leur passé et leurs désirs, et sert de fil conducteur au documentaire. Cette trame fictionnelle est soutenue par une esthétique passant du mockumentaire à la série B d’horreur, qui confère à Anhell69 une aura cauchemardesque. La beauté élégiaque des images et l’omniprésence de la fiction n’édulcorent pas la violence : elles soulignent au contraire le nihilisme de personnages acculés à la survie, qui subliment leur courte existence dans un mélange de fête, de rencontres et d’autodestruction. D’un même élan, le film se fait performatif : en rassemblant vivant·es et fantômes dans les limbes du cinéma, Anhell69 devient l’écrin mémoriel d’une communauté dont il cherche à conjurer l’anéantissement.(tous publics avec avertissement)

Marion Carrot, Les yeux docs - Bpi