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Résumé
Un cimetière marin déserté par les familles, des champs silencieux abandonnés par les cultivateurs, un coin de pêche au sommet d’une falaise où plus personne ne monte le dimanche. Dans ce désert maritime qu’est devenue l’île maltaise de Gozo, on ne rencontre que deux habitants âgés : Ta Pipi qui tresse des nasses, Salvo qui les met à l’eau. Mais leurs gestes patients et méticuleux sont devenus vains depuis que la faune marine a disparu.
Le propos de la plasticienne allemande Franziska von Stenglin n’est pas militant : chacun connaît les dévastations de la pêche industrielle. Tourné en 16 mm, ce film sobre s’attache d’abord à un paysage digne des poèmes homériques : des gerbes d’écume, de hautes falaises dressées au-dessus des abysses. Au sommet de ces falaises où Salvo déroule ses lignes, des concrétions calcaires forment des sculptures mystérieuses, ici des empreintes, là un champignon monumental. Le lamento d’une voix féminine tisse la bande-son. Des archives 8mm amateures rappellent le temps pas si lointain des pêches miraculeuses. Les insulaires ont d’eux-mêmes anticipé la catastrophe en délaissant les vopi (bogues) pour les saumons d’élevage. « Junk food » commente en voix off Salvo, le narrateur (en anglais) de cette histoire désolante. De ses mains, de son visage, de son corps au travail, tout comme de ceux de Ta Pipi, l’artiste en résidence a tiré pour une installation dans la citadelle de Gozo une série d’images fixes qui sont autant de paysages humains.
(Anne Brunswic)
Descriptif technique
- Production
- Franziska von Stenglin
- Réalisation
- Franziska von Stenglin
- Année
- 2024
- Durée
- 25'
- Double disque
- non
- Couleur / N&B
- couleur
- Genre
- Documentaire
- Diffusion
-
- Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques : oui
- Projection publique : oui
- Diffusion en ligne : oui
Avis
Sélectionné par 
À travers de vastes plans des paysages de l’île de Gozo, à Malte, et le témoignage d’un vieux pêcheur, Baħar Biss fait écho à un monde en train de disparaître, remplacé par une nature mutilée et un savoir-faire oublié. En captant les gestes ancestraux de la pêche au panier et l’immuabilité des paysages minéraux, ce court métrage mélancolique mêle amour et chagrin pour l’humanité. Par une mise en scène élégante et précise, Franziska von Stenglin fait ses adieux à un monde mythologique, celui de la mer et de ses richesses.
(Sophie Lamy, Médiathèque Jean Falala)
