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Après 15 années passées à l’étranger, Farah revient en 2017, à Tripoli (Liban), sa ville natale, auprès de son père, Moustapha Kassem.
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Résumé
Après 15 années passées à l’étranger, Farah revient en 2017, à Tripoli (Liban), sa ville natale, auprès de son père, Moustapha Kassem.
Dans l’intimité de l’appartement familial, la fille, cinéaste, suit les dernières années du poète, son père. La fabrication du film a pris sept ans pour un récit qui couvre une période de trois ans et une projection de trois heures. Farah a trente ans, Mostapha en a quatre-vingt-deux. Tout en prenant soin de lui elle cherche, comme pour dissiper les désaccords qui entachent cette proximité, à le comprendre afin de s’en rapprocher davantage. Cette approche pro filmique humaine et sincère est formulée avec une délicate créativité cinématographique. L’attention portée par la fille à son père (exacerbée par l’absence d’une mère que le temps peine à faire oublier) se déploie à travers l’écriture d’une caméra qui, tout en enregistrant les menus faits de la vie quotidienne, aspire à l’expression poétique. Tout cela sur un fond socio-politique faisant subtilement écho à l’évolution intime de la relation père-fille. Les efforts fournis par Farah pour s’initier à la poésie (elle finit par intégrer le cercle des poètes, exclusivement masculin et vieux, fréquenté par son géniteur), s’expriment, cinématographiquement, à travers des notes poétiques douces et presque imperceptibles. La démarche atténue, sans les nier, la douleur de la séparation et les heurts des générations. L’histoire s’achève avec la fin du père, et le film aura poursuivi l’acte poétique d’une littérature classique finissante. .
(Tahar Chikhaoui)
Descriptif technique
- Production
- Road2Films
- Participation
- Good Company Pictures, Al Jazeera Documentary Channel
- Réalisation
- Farah Kassem
- Année
- 2024
- Durée
- 177'
- Double disque
- non
- Couleur / N&B
- couleur
- Genre
- Documentaire
- Diffusion
-
- Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques : oui
- Projection publique : oui
- Diffusion en ligne : oui
Avis
Sélectionné par 
Après des années d’absence, la réalisatrice retourne à Tripoli auprès de son père Mustapha, poète de renom, qui se trouve au crépuscule de sa vie. Se tisse au fil du film toute la complexité des relations filiales. Si les incompréhensions intergénérationnelles et parfois idéologiques séparent père et fille, leur amour de la poésie et de la langue arabe les réunit. Dans cette quête pour la beauté, se forme un espace d’échange et de transmission qui introduit la cinéaste dans un club de poésie composé exclusivement d’hommes. Mais de l’autre côté de la fenêtre, c’est un Liban en crise, où apparaissent par intermittence les contrôles militaires et les menaces de censure. La poésie tient alors lieu de l’ultime refuge, d’un point de résistance qu’il s’agit de préserver. C’est tout l’enjeu de We are inside, où le format carré et les recadrages forment les pans d’un écrin que la cinéaste destine à la mémoire de son père, qui lui offre en retour son dernier vers : Il faut oublier pour se souvenir.
Leïla Tsakaiev (Images de la culture - LCdD)

