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Marta et Karina, en discrète compagnie

Nouveauté

2015, documentaire, 69 min, couleur

Réalisation : Philippe Crnogorac

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A Sucre en Bolivie, Marta et Karina vivent de la prostitution. 

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Résumé

A Sucre en Bolivie, Marta et Karina vivent de la prostitution. Chronique de leur quotidien, le film s’engage à leurs côtés. La caméra entre dans leurs chambres modestes - discrète, elle ne montre pas les clients - et leur donne la parole. Ce métier leur permet une certaine indépendance financière pour préparer un autre projet de vie. Elles récusent les préjugés à l’égard des prostituées, sans minimiser la violence sociale que cela implique.

Entre deux appels téléphoniques, Marta tricote et raconte. Elle travaillait avec Karina dans la même maison close. Un jour, elles ont décidé de louer une chambre et de s’inscrire à l’université. "Caractère dominateur", elle y trouve son compte, une fois posées les conditions qui la protègent de l’humiliation. De vraies relations humaines s’instaurent parfois avec les clients. Pour l’un d’eux, elle donne des conseils juridiques au prix avantageux de la passe. Chacune a désormais son propre domicile, assume ses enfants, soucieuse de l’avenir. Pendant le tournage, Marta reçoit son diplôme d’avocate. Agressée la veille de l’examen, Karina, elle, n’a trouvé qu’une pierre pour se défendre, mais à la policière qui la dénigrait, elle a cette fois pu répondre que, bientôt, la justice s'occupera des prostituées. Elle compte bien entamer une procédure pour discrimination. Leur dignité est bien là, dans la façon dont elles se construisent une vie meilleure.  

(Charlotte Ferchaud)

Descriptif technique

Production
Iskra, L'IRD, Cinaps TV
Réalisation
Philippe Crnogorac
Année
2015
Durée
69'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

Grâce à l’extraordinaire confiance en Pascale Absi, l’anthropologue spécialiste de la Bolivie qui a réalisé les entretiens, les deux femmes se livrent avec franchise et un certain recul, loin des années de saouleries dans les bordels qu’elles ont fréquentés très jeunes. Leur parole toute en mesure est distillée dans leurs intérieurs, seulement interrompue par les coups de fils des sollicitations extérieures. Leur propos portent au-delà de la réalité socio-culturelle pour aborder des questions plus universelles, parfois intimes comme celle de la sexualité ou de leur désir. Les questions communes à toutes les travailleuses du sexe, relatives à la santé ou à la violence des hommes, la place des femmes comme leurs espoirs d’émancipation, sont aussi largement évoquées.

(Julien Farenc, BNF)