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Abisal (Abyssal)

Nouveauté

2021, documentaire, 30 min, couleur

Réalisation : Alejandro Alonso

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Dans les entrailles d'un porte-contenainer.

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Résumé

À Cuba dans un cimetière de bateaux, des ouvriers désossent des porte-containers. Dans l'un de ces grands monstres délabrés, Raudel déambule avec une lampe torche : à la fois gardien du temple et fouilleur de tombes, il raconte à son collègue une vision d’enfance qui le travaille encore. Cette lumière vive qu’il a vue jadis une nuit et qu’il semble encore voir aujourd’hui, était-elle réelle ?

Abisal, troisième sélection au festival Visions du Réel pour le jeune Cubain Alejandro Alonso, construit patiemment une étrange atmosphère où rien ne semble incongru, sans que rien n’y soit vraiment familier. Au grand jour, les corps des ouvriers en combinaison de travail se confondent avec les débris des carcasses rouillées. Dans l'obscurité du dédale des coursives intérieures, les silhouettes se découpent à la lampe torche et l'on bascule dans l'irréel, là où le Bien et le Mal coexistent et où les morts sont évoqués avec déférence. La traque d'un pigeon égaré devient film d'épouvante et la trouvaille d'un journal panaméen est presque un trophée archéologique. Dans ces clairs-obscurs léchés sur une trame sonore inquiétante, les échanges entre les hommes sont d'autant plus sibyllins, des histoires propices à se faire peur, racontées avec le plus grand sérieux. Si l’un peut voler comme Superman, l’autre peut respirer sous l’eau, mais "celui qui ne rêve pas quand il dort, il est mort".

(Noé Vidal-Giraud)

Compétition internationale, Visions du Réel 2021.

Descriptif technique

Production
Vega Alta Films, La Concretera Producciones
Participation
CNC, Fondo Noruego para el Cine Cubano
Réalisation
Alejandro Alonso
Année
2021
Durée
30'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

Abisal s’éloigne de l’imagerie bigarrée du Cuba de carte postale. Loin de La Havane, ouvriers et repris de justices s'évertuent à démanteler des paquebots échoués dans un cimetière de bateaux. Isolés par l’épaisseur des murs et par les profondeurs de la mer des Caraïbes, ils se racontent des histoires. Un exil imaginaire qui ajoute une dimension surnaturelle à un film métaphorique. A Cuba, les idéaux semblent effectivement stagner au milieu des eaux. Dans ces lieux fantomatiques, le rêve d’un ailleurs paraît toujours possible, en toute poésie.

Marina Mis, Les Yeux Doc, BPI-Paris.