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Homeland - Irak année zéro

2015, documentaire, 334 min, couleur

Réalisation : Abbas Fadhel

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En février 2002, de retour à Bagdad à la veille d’une guerre annoncée, Abbas Fahdel entreprend un home movie dans l’enceinte paisible de la maison familiale.

En 2 parties :

1. Avant la chute

2. Après la bataille

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Résumé

1. Avant la chute

En février 2002, de retour à Bagdad à la veille d’une guerre annoncée, Abbas Fahdel entreprend un home movie dans l’enceinte paisible de la maison familiale. Parmi les êtres chers, son attention se concentre sur ses neveux et nièces, encore incapables de se figurer la tragédie à venir. Pour eux, même les précautions engagées par les adultes – forer un puits, scotcher les vitres – prennent des allures de jeu. Derniers instants d’innocence.

Haïdar, neveu irrésistible de drôlerie et d’intelligence, est le personnage principal de ce diptyque tourné avant et après l’invasion américaine du printemps 2003. En suivant les pas et les réflexions de ce garçon de 12 ans, on entre à hauteur d’enfant dans l’expérience intime de la catastrophe qui va détruire le pays. Dès le début, le spectateur apprend que Haïdar n’y survivra pas. Ignorant les arrêts du destin, les protagonistes font bravement face aux avanies de chaque jour, les coupures d’électricité, les difficultés du ravitaillement, devenues chroniques depuis qu’ont été imposées les sanctions internationales en 1991. Sur l’écran de la télévision se succèdent dessins animés et vidéos à la gloire de Saddam Hussein. Sortant un peu de l’espace confiné de la villa, le cinéaste se promène sur les berges du Tigre. La guerre est le sujet de toutes les conversations. Qu’on soit pro ou anti-Saddam, personne n’en attend rien de bon.

2. Après la bataille

En avril 2003, quinze jours après l’intervention militaire de la coalition, Abbas Fahdel poursuit son home movie dans la villa familiale. D’intenses bombardements ont fait tomber la dictature et causé de nombreuses victimes civiles. Patrouillant en terrain miné, l’armée américaine se barricade et abandonne la ville aux pillards. Dans ce chaos mortel, la maison n’offre plus qu’un refuge précaire. Les enfants découvrent la réalité de la guerre.

Toutes les familles se procurent des armes sur un marché où soudain elles prolifèrent. Le jeune Haïdar voudrait comme ses cousins apprendre à s’en servir. On s’accoutume au grondement des bombardiers, au sifflement des balles dans la nuit. Désormais escortés en voiture, les jeunes continuent à se rendre à l’école ou l’université et se réjouissent de leurs succès scolaires. Dernier soubresaut de l’enfance. Le cinéaste sort du home movie pour se porter à la rencontre d’habitants de Bagdad. Partout règnent la désolation et la misère. La chute du dictateur a mis à jour des charniers et délié les langues mais les Américains ne sont pas des libérateurs. Venus défendre leurs propres intérêts et traitant le peuple irakien avec autant de violence que de mépris, ils sont vus comme de nouveaux colonisateurs, semeurs non de démocratie mais de terreur. Le malheur s’abat sur la famille du cinéaste avec la mort de son neveu Haïdar à l’âge de 12 ans.

(Eva Ségal)

Descriptif technique

Production
Stalker/A. Fadhel
Réalisation
Abbas Fadhel
Année
2015
Durée
334' (160' + 174')
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

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