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Próxima Paragem

Nouveauté

2020, documentaire, 8 min, couleur

Réalisation : Florence Weyne Robert

Vidéos

Un court trajet en train, du centre de Lisbonne à sa périphérie.

Images

Résumé

Six minutes, c'est le temps du trajet en train du centre historique de Lisbonne à la gare terminus de Oriente, aménagée pour le nouveau quartier de l'Exposition universelle de 1998. Le temps d'un très court métrage que Florence Weyne Robert agence en une suite de photographies consacrées à l'entre-deux : des quartiers délaissés, grignotés peu à peu par des projets immobiliers qu'elle fait revivre en off par des paroles d'habitantes.

Au travers des graffitis colorés ornant les vitres du train, un autre visage de Lisbonne se dessine alors que s’annonce déjà la prochaine station (Próxima Paragem). Derrière l’abstraction de ces tags en gros plans, le Portugal se révèle crûment, habillé d’une dure pureté qui se résume dans l’adage "zéro touriste, zéro glamour". Des terrains en friche, des potagers, des ponts routiers, des quartiers coincés entre Tage et chemin de fer, noyés dans la brume qui monte du fleuve... La réalisatrice s'arrête dans un café où le temps s'est arrêté et où elle rencontre des vieilles dames solitaires. Leur précieux témoignages, même parcellaires, sont la mémoire d’une précarité passée et d’une invisibilisation présente. Abandonnées parmi les abandonné.e.s, elles se heurtent dans leur quotidien à l’avidité d'un urbanisme galopant et à la mutation de leur paysage.

(Robin Miranda das Neves)

Descriptif technique

Production
F. Weyne Robert
Réalisation
Florence Weyne Robert
Année
2020
Durée
8'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

A partir d'un travail photographique, la réalisatrice nous transporte, au sens propre du terme, jusque dans un quartier populaire de Lisbonne. Nous y parvenons en regardant défiler des photos prises à travers les fenêtres du train, puis nous parcourons de la même façon les rues et le café dans lequel elle enregistre ses échanges avec des clientes. Chose étrange, ce lieu est souvent recouvert d’un brouillard épais, comme pour l'effacer, symbole de la destruction à venir de ce quartier qui laissera bientôt la place à un projet d'urbanisation de luxe. Inéluctablement, privé d'activités économiques, l'endroit est déserté et les habitants actuels expulsés. Tandis que les photos se succèdent, les bribes de conversations enregistrées témoignent de cette réalité glaçante empreinte de nostalgie. Bien que très court, ce film expérimental et poétique parvient à nous immerger dans une ambiance tout à fait singulière.

Sarah Doucet, Médiathèque d'Orléans.