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Nous, ouvriers

Nouveauté

2015, documentaire, 156 min, couleur

Réalisation : Claire Feinstein, Gilles Perez

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De la Libération à Mai 1968, à la faveur de la croissance, la classe ouvrière s’impose au cœur de la cité. A partir de 1974, la crise et le chômage la frappent durement. Porteur de grands espoirs, le président François Mitterrand déçoit à mesure que se multiplient les désastres causés par la désindustrialisation. A la fierté succèdent l’amertume et la colère. De nombreuses archives documentent l'histoire politique et sociale ; parallèlement, une cinquantaine d'ouvriers et ouvrières racontent à la première personne l’histoire intime de cette classe aujourd’hui fragmentée et invisibilisée.

1. Nos mains ont reconstruit la France (1945-1963)
2. Nos rêves ont façonné la société (1963-1983)
3. Nos coeurs battent encore (1983 à nos jours)

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Résumé

1. Nos mains ont reconstruit la France (1945-1963). Au lendemain de la guerre, la France est ruinée. Encouragés par le parti communiste et confortés par de grandes avancées sociales, les ouvriers se mobilisent pour la reconstruction. Un ancien mineur évoque avec fierté la nationalisation des charbonnages et le statut du mineur. Avec la guerre froide, l’unité nationale se brise. Un ministre socialiste fait tirer sur les mineurs en grève, les sanctions pleuvent sur des militants traités d’"agents de Moscou". Les conditions économiques sont néanmoins très favorables car l’industrie manque de bras. La main d’œuvre immigrée s’intègre assez rapidement. Au cours de ces années de croissance accélérée, les ouvriers accèdent à la sécurité sociale (chômage, maladie, vieillesse) mais aussi à la consommation (appartements équipés, voiture individuelle, loisirs et bientôt le téléviseur). Ils emménagent en banlieue dans des cités HLM "tout confort" où se développent de nouvelles solidarités, un nouveau mode de vie.

2. Nos rêves ont façonné la société (1963-1983). Les ouvriers sortent de la misère mais leur condition reste dure : travail de nuit, gestes répétitifs, accidents, maladies, tyrannie des "petits chefs", harcèlement sexuel, bas salaires. La jeunesse ouvrière aspire à plus de liberté. La grève géante de mai 1968 voit renaître des élans révolutionnaires. Le patronat apeuré lâche du lest – plus qu’en 1936 – puis se venge en persécutant les syndicalistes. Rejetant la grève insurrectionnelle, le parti communiste promeut l’union de la gauche. Mais loin de ses bastions, commence en 1974 la grève des ouvriers horlogers de Lip pour sauver leurs emplois. "On produit, on vend, on se paie." En toute illégalité. Beaucoup d’ouvriers, même communistes, achètent les montres des grévistes. La crainte du chômage s’installe. En 1981, les ouvriers votent massivement pour le candidat de l’Union de la gauche, François Mitterrand. Celui-ci remplit ses promesses  – nationalisations, retraite, congés – mais change de cap dès 1983. Avec la "rigueur", le chômage explose, le désenchantement se mue vite en colère.

3. Nos cœurs battent encore (1983 à nos jours). L’actionnaire désormais dicte sa loi. Ni les grèves, ni les manifestations ne parviennent à arrêter la casse industrielle et le désastre social. Réduits aux allocations chômage, les ouvriers perdent la dignité et les valeurs qui donnaient sens à leur vie. Les familles se disloquent, les jeunes fuient les régions sinistrées. Symbole d’anachronisme, l’ouvrier devient un repoussoir pour la société, pour l’intelligentsia qui naguère l’encensait, et pour lui-même. Sans cesse trahi par les politiques, il ne vote plus ou, par rage plus que par adhésion, se tourne vers l’extrême-droite. S’ils constituent encore 20% de la population active, les ouvriers ont perdu leur conscience de classe et leur poids politique. Émietté, précarisé, dévalué et dévalorisé, le travail manuel migre vers les petites entreprises et le tertiaire. L’amour du métier se perd. Les militants ouvriers gardent la fierté des combats passés mais il poussent leurs enfants vers les études supérieures.

(Eva Ségal)

Descriptif technique

Production
13 Productions, France Télévisions, Histoire
Participation
CNC, ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (DICOM), Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Région Limousin, Région Poitou-Charentes, Région Lorraine, Ville de Genevilliers
Réalisation
Claire Feinstein, Gilles Perez
Année
2015
Durée
156' (3x52')
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne