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Tinselwood

Nouveauté

2017, documentaire, 82 min, couleur

Réalisation : Marie Voignier

Vidéos

Immersion dans la forêt camerounaise

Images

Résumé

Les habitants de Moloundou, petite commune de l’est du Cameroun, vivent au cœur de la forêt tropicale. Bûcherons et débardeurs, cultivateurs de cacao, modestes terrassiers, chacun se débrouille pour survivre. Leurs conversations sont animées par un rêve de richesse : celle des matières précieuses enfouies dans le sol rouge de cette nature luxuriante et que Français et Chinois ne convoitent pas encore.

Œuvre de l’artiste Marie Voignier, Tinselwood s’inscrit dans la plus pure tradition documentaire : celle de l’observation. Double immersion que celle du spectateur et des protagonistes dans la forêt camerounaise. Des protagonistes dont nous observons les gestes parfois mystérieux (se servir d’une machette comme d’un outil de précision, accomplir un rite religieux), parfois démesurés (l’abattage d’arbres gigantesques). L’image séduit par la splendeur des verts, des rouges et des ors, les tâches lumineuses sous le couvert forestier. Bientôt les conversations laissent entrevoir les contradictions d’un monde hybride : celles d’une bourgade qui peine à se développer (les sorciers n’aiment pas l’électricité), celles d’un présent qui ne semble pas s’appartenir, pris entre le passé colonial et l’ingérence étrangère, celle d’une familiarité avec la nature que concurrencent l’exploitation forestière, la cupidité de l’or et l’usage de drogues, mais où l’espoir peut naître d’une pousse de cacaotier.

(Sylvain Maestraggi)

Descriptif technique

Production
Les Films du Bilboquet, Bonjour Cinéma
Participation
CNC, FNAGP
Réalisation
Marie Voignier
Année
2017
Durée
82'
Double disque
Couleur / N&B
couleur
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

Marie Voignier comme à son habitude joue avec les apaprences, et s’amuse ici des contradictions de la société post-coloniale ; et en particulier des relations paradoxales qu’entretiennent les habitants de la forêt avec les arbres. 
D’un côté ils la défriche et l’exploite méthodiquement avec des machines toujours plus puissantes qui la dépeuple. De l’autre, ils viennent y trouver refuge, chasser, chercher des remèdes, ou encore excaver son sol pour ses richesses.
Pendant ce temps, dans l’unique bar du petit village de forestiers, la terre est toujours rouge poussière. Les hommes discutent devant un écran de télévision allumé, sans même le remarquer. L’écran diffuse imperturbable CCTV (China Central Television, la chaine gouvernementale de la République populaire de Chine) et les belles images bleutées de son JT.

(Julien Farenc, Bibliothèque Publique d'Information, Paris)