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Yangtze Landscape (A)

2017, documentaire, 156 min, noir et blanc

Réalisation : Xin Xu

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Dans la lignée de L’Homme sans nom de Wang Bing, Xu Xin s’intéresse aux laissés-pour-compte du miracle économique chinois. 

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Résumé

Dans la lignée de L’Homme sans nom de Wang Bing, Xu Xin s’intéresse aux laissés-pour-compte du miracle économique chinois. Derrière le pittoresque du titre se cache en effet une galerie de personnages vivant pauvrement sur les berges du fleuve, que le cinéaste remonte à partir de Shanghai, dans le brouillard et la fumée des usines. N’y a-t-il de miracle qu’au prix d’une sourde catastrophe ?

C’est au Désert rouge d'Antonioni que l’on songe également en regardant A Yangtze Landscape. Xu Xin, lui, a choisi le noir et blanc pour rendre le paysage lugubre des rives du fleuve. Le réalisateur embarque sur un navire dans la nuit illuminée du port de Shanghai pour remonter lentement jusqu’aux confins du Tibet. Régulièrement des sous-titres rappellent de macabres incidents survenus sur le Yang-Tsé au cours des récentes années. Le fleuve modifié par la construction du barrage des Trois-Gorges, dont on passe les gigantesques écluses, et par le projet de dérivation vers le nord, est parsemé de villes fantômes et de villes nouvelles surgies au-dessus des anciennes englouties par les eaux. Dans des abris de fortune, parmi les ruines ou sous d’imposantes corniches, gîtent d’étranges ombres, tandis que dans les centres-villes des citoyens ahuris dansent sous des écrans géants : "Cent mille recrues dans la police militaire" ; "Les minorités tibétaines fêtent joyeusement le nouvel an"... 

(Sylvain Maestraggi)

Descriptif technique

Production
Xu Xin Documentory Film Studios
Réalisation
Xin Xu
Année
2017
Durée
156'
Double disque
Couleur / N&B
noir et blanc
Genre
Documentaire
Diffusion
  • Prêt aux particuliers par l'intermédiaire des médiathèques
  • Projection publique
  • Diffusion en ligne

Avis

Sélectionné par

A l’embouchure du Yang-Tsé, les gratte-ciels de Shanghai diffusent des messages lumineux géants vantant l’ordre social et l’obéissance à la loi. Mais par la suite, la remontée du fleuve dans l’intérieur du pays fait figure de voyage dans les malheurs de la Chine contemporaine : extorsions impunies, extraction forcenées des ressources, écarts sociaux vertigineux, coupure ville-campagne, rupture avec l’héritage historique – jusqu’à ce qu’on ne peut évoquer qu’en creux, au terme de cette remontée aux sources : le Tibet. C’est avec un regard de photographe que le cinéaste pose son cadre face aux vastes étendues brumeuses des bords du fleuve, au rythme infiniment lent mais sûr d’un cargo. Sur des milliers de kilomètres, les hommes ont totalement façonné le paysage. Les uns habitent ce qui a été construit, tandis que les autres – ceux qui retiennent le plus le cinéaste – sont condamnés à en hanter les décombres. Monuments ou ruines, tout s’imprègne de la même atmosphère brumeuse gris pâle. Chaque plan de ce film, savamment pensé, dégage ainsi une profonde beauté, même dans l’évocation des réalités les plus sinistres.

(Alain Carou, BNF)